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Léna : 3. Léna dans le brasier

Étonnante non-série que ce triptyque autour du personnage de Léna, dont le scénariste Pierre Christin, connu pour sa rareté et l'intelligence de ses textes semble développer la biographie progressivement, de façon non préméditée. Nous l'avions connue endeuillée et recherchant un sens à sa vie dans le premier ouvrage qui date déjà de quatorze ans! Puis elle avait été enrôlée comme agent infiltré pour les services de renseignements. Comme un aboutissement après un second volume imparfait, la voici au cœur du Brasier, au cœur des négociations secrètes qui doivent déterminer de la paix alors que personne ne semble franchement désireux de résoudre ce conflit. Le risque de la caricature était grand, Christin y tombe un peu avec ces gros lutteurs post-soviétiques et cet iranien passé maître des coups d'éclat. Mais la série Le Bureau des légendes est passé par là et a redistribué les bases des histoires d'espionnage. Du coup le jeu de chacun deviens subtile et subtilement mis en scène par le trait toujours si élégant d'André Juillard.

La caractéristique de la série c'est le contemplatif, là où le dessinateur excelle. Ainsi les pensées intérieures dominent les dialogues et l'on suit cette hôtesse de luxe sans vraiment être jusqu'au bout sur qu'elle est un agent infiltré. Au regard des précédents volumes c'est probable, au regard du personnage il n'est pas exclu qu'elle ait entamé une autre vie... Ainsi on navigue dans ce théâtre d'ombres à la suite de Léna, où les problématiques techniques de la résolution du conflit ne seront que survolées pour nous intéresser plutôt aux personnages, à ces profiles qui en disent long des pays et de leur diplomatie. Si le scénario traite partiellement d'une situation fictive (on est quand-même en Syrie), Christin veut tout de même parler du monde d'aujourd'hui. Les marqueurs empruntés à la Guerre froide et au monde décolonisé sont là, nous disant la permanence universelle des motifs de conflit (le plus souvent religieux!) mais nous rappelant immédiatement à l'actualité des pages internationales des journaux.

Léna dans le Brasier n'est pas un thriller géopolitique mais bien un théâtre diplomatique marqué par la modernité des créations récentes sur le sujet. Abordant ce qui le passionne (la géopolitique) avec le style qu'on lui connait, Pierre Christin propose à son compère André Juillard le plus bel album de la trilogie, sans doute le dernier... a moins que les deux hommes ne puissent de séparer de ce fascinant personnage dont le mutisme grandit le mystère intérieur.

Lire sur le blog:
https://etagereimaginaire.wordpress.com/2020/07/01/lena-dans-le-brasier
Par Blondin le 1 juillet 2020 à 18:48

Uncle Sam (One-shot)

Ma récente lecture du plutôt réussi Strange fruit m'a donné envie de me replonger dans les ouvrages du grand Alex Ross, chef de file de l'école hyper-réaliste des comics de super-héros et peut-être le plus iconique des dessinateurs de l'écurie DC. Connu pour ses deux plus grands ouvrages, le mythique (et encyclopédique...) Kindgome Come et donc, cet Uncle Sam. Ce dernier arrive assez tôt dans la carrière de Ross et a le grand mérite de se présenter comme un véritable roman-graphique, relativement court, qui marque le style de Ross avec cette colorisation directe et ce très grand sens de la mise en scène. Surtout, il nous dispense d'un côté kitsch que revêt l'oeuvre d'Alex Ross de part son style, son rattachement exclusif aux héros classiques de DC et au Golden Age.


Résumer l'intrigue d'Uncle Sam est ardu mais surtout inutile car il s'agit d'un concept, d'une allégorie visant à faire parcourir par l'Oncle Sam, l'âme de l'Amérique, l'histoire de son pays, des idéaux de la guerre d'indépendance aux renoncements et perversions qui ont abouti à une corruption généralisée des âmes et des esprits... Véritable pamphlet politique d'une même force que les films de Michael Moore, cet album est exigeant (comme tous les ouvrages d'Alex Ross du reste...) en ce que sa narration encrée dans un délire fait d'aller retours entre la mémoire du personnage et ce qu'il observe de nos jours insère alterne pensées et bruits erratiques de ce qui l'entoure. Sous la forme d'un vieux clochard décrépi et halluciné, Oncle Sam subit chaque violence du quotidien comme un choc qui le ramène à ce que devait être l'Amérique et à une déviance qui a finalement commencé très tôt... dès les premières escarmouches avec les anglais! Les auteurs ont un propos très dur sur ce qu'est devenu leur pays et cela a d'autant plus de force que la carrière du dessinateur s'est faite entièrement sur l'iconographie nationaliste des super-héros de l'Age d'Or et leur idéal de justice et de droiture.

Si certains passages sont évidents (on assiste à l'assassinat de Kennedy à la Ford Hunger March de 1932 qui vit la police tirer sur une manifestation d'ouvriers Ford ou l'attentat d'Oklahoma city), d'autres nécessitent une bonne connaissance de l'histoire américaine. Chacun prendra ce qu'il peut mais l'essentiel du propos (sublimement mis en images cela va sans dire) reste très clair. Sur la dernière partie Sam entame un dialogue avec sa version féminine, Columbia, incarnant l'Etat, avec la pauvre Marianne française aussi désespérée que lui par ce qu'est devenue sa République ou encore l'ours soviétique aussi mal en point que les autres, avant de rencontrer ce que les américains ont fait de lui, sorte de pendant négatif mettant face à face l'idéal et la réalité du mythe américain...

(Re)lire aujourd'hui Uncle Sam donne une portée assez sidérante lorsqu'on mets en parallèle l'Amérique de Trump, considéré par beaucoup comme la pire présidence de l'histoire du pays, et cet album qui aurait pu sortir aujourd'hui alors qu'il a vingt ans... Cet écart renforce le propos de l'ouvrage qui nous assène que l'Amérique est un mythe mort-né et que les tragiques épisodes de son histoire ne sont pas des incidents mais la logique directe des choix politiques de générations de dirigeants avec la complicité passive d'une population qui préfère lire des BD de super-héros en slip plutôt que de s'interroger sur la manière de reprendre les rennes de ce navire à la dérive...

Lire sur le blog:
https://etagereimaginaire.wordpress.com/2020/06/19/uncle-sam
Par Blondin le 1 juillet 2020 à 18:47

Obie Koul : 1. Un week-end sur deux chez mon père

Le Tome 1 d'Obie Koul: "un weekend sur deux chez mon père" aborde différent sujets, le thème classique du divorce et le processus de séparation, la garde partagée, le harcèlement, l'intégration dans une nouvelle école, la capacité à s'adapter à ce nouveau cadre et la différence. L'identification au personnage n'est pas très compliquée, un divorce est chose courante de nos jours mais ce qu'on oublie c'est qu'il y a des dommages collatéraux, et les enfants sont en premières lignes.
Le scénario de Pierre Makyo est frais, il aborde des sujets importants avec une pointe de légèreté et une bonne dose de science fiction.
Obie qui se prétend être un garçon des plus banal va apprendre qu'il a des origines particulières et que son père n'est pas en reste sur ce point. Cette particularité va lui causer bien des problèmes, mas par chance il sera épaulé.
C'est un enfant qui apprend à se découvrir et découvre certains attraits de sa famille jusqu'alors méconnus. Ce côté SF m'a fait pesé au mécanisme de défense que peut développer un enfant lors de moments difficiles, il se réfugie dans son monde et crée des choses, des personnes extraordinaires pour rendre sa vie plus facile et surtout plus plaisante à vivre (mais il n'en est rien dans cette BD).
L'action et les défis se mettent rapidement en place peut - être un peu trop vite justement, mais au vu de la longueur du tome (59 pages), cet aspect est toutefois compréhensible.
En ce qui concerne le dessin, le travail d'Alessia Buffolo est coloré et lumineux et propose un dessin semi - réaliste travaillé, quelque peu maladroit en ce qui concerne l'anatomie des personnages. 
Affaire à suivre dans le Tome 2.
Par Plaisirs_Equivoques le 30 juin 2020 à 18:49

Conquêtes : 2. Deluvenn

Graphisme à la hauteur du premier tôme. Le scénario original, nous fait partager l'expérience de la colonisation spatiale d'un anti-héros (quoi que ...).
Par Nassim le 29 juin 2020 à 13:54

Kaamelott : 9. Les Renforts maléfiques

Un tome qui a su arriver dans nos librairies, pour le meilleur !
Je met 4 étoiles à cause d'une chose : perceval et karadoc qui parlent comme du poisson pourri à arthur ... probleme récurrent dans les albums selon moi
Par Nathouille le 28 juin 2020 à 10:57

Amorostasia : 2. Pour toujours...

Trois ans ont passé depuis le début de la crise. Elle est maintenant répandue dans le monde entier et des mesures coercitives ont été prises un peu partout. Comme souvent dans l'histoire, ce sont les femmes qui en pâtissent le plus.
Vous y trouverez également une réflexion sur l'industrie pharmaceutique qui profite de la situation dans une lutte acharnée pour vendre de nouvelles molécules.
Lorsque les contrôles sur la populations sont très forts, il y a forcément une forme de résistance qui se met en place.
Notre héroïne Olga qui s'était figée en fin du tome 1 va se réveiller. Mais pourquoi?
Toujours aussi bonne, cette série trouve un vrai nouvel élan dans ce tome 2 qui apporte beaucoup à l'histoire.
Par bdvore78 le 28 juin 2020 à 08:27

Amorostasia : 1. Amorostasia

Pour ceux qui aiment le dessin de Bonin, vous pouvez y aller les yeux fermés, c'est un très bon cru :)
Pour ma part, je viens de lire cette série en sortie de confinement COVID 19... alors cela résonne forcément différemment :)

Il s'agit donc d'un virus inconnu qui touche l'humanité. Les gens amoureux se figent soudainement. Les personnes ne semblent pas en danger, leur métabolisme est comme au ralenti. Mais personne ne connait la cause

Ce qui est intéressant dans cette BD à mon sens, est l'étude des impacts sur la société. Quand on a vécu la crise du Covid, on ne peut que faire des parallèles avec ce qui a pu se passer pendant cette période.
Je vous conseille donc de lire cette BD, ou de la relire si vous ne l'&avez pas lue depuis un moment :)
Par bdvore78 le 28 juin 2020 à 08:22
Par Jisségé le 27 juin 2020 à 17:55

Alix : 24. Roma, Roma...

Une histoire sans queue ni tête, un dessin précis pour les décors mais laborieux dans les personnages.
Par kim65 le 27 juin 2020 à 17:01

Walking Cat : 1. Tome 1

Un mélange des genres qui m'a laissé quelque peu perplexe : on hésite en effet entre un survival sur fond de morts-vivants avec parfois des passages assez gores visuellement parlant lorsqu'il s'agit pour le héros de vendre chèrement sa peau, et la fascination que peut engendrer chez certains les félins et qui génère moult vidéos sur Internet ! Qui plus est, le récit manque parfois de cohésion et on a plus l'impression d'être en face d'un agencement de saynètes que d'un récit construit au long cours. Enfin, même si graphiquement, c'est plutôt attrayant, dans certaines cases, c'est un peu faiblard (notamment pour le traitement des zombies qui semblent plutôt des masses informes comparables à de la "jelly"). Bref, ce titre ne m'a pas franchement convaincu (et à priori, je ne dois pas être le seul puisque la série comporte seulement 3 tomes !) et la lecture, bien qu’intrigante de par son sujet et plaisante à certains moments, est loin d'être indispensable et impérissable !...
Par CezPlez le 26 juin 2020 à 12:55
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