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Le Château des étoiles

Tome 4 : Les Prisonniers de Mars

Seul sur Mars...

Séraphin et ses amis débarquent sur Mars partis à la recherche du professeur Dulac et de l’expédition prussienne qui l’a enlevé. Malheureusement les jeunes aventuriers ne découvriront que morts et restes abandonnés. Pire, le traitre Gudden s’est joué d’eux. Le père de Seraphin n’a pas été envoyé sur Mars, le prussien s’est servi d’eux afin de rapporter de Mars le plus d’éthérite possible. C’est alors qu’une violente dispute éclate et que Séraphin est assommé. Ce dernier se réveille seul sur Mars abandonné par ses compagnons…
Séraphin va-t-il s’en sortir ? Retrouvera-t-il ses amis ? Quelles formes de vie vont-ils découvrir sur Mars ?

Au final ce quatrième opus n’apporte pas beaucoup d’explications complémentaires sur l’éther. Bien au contraire le mystère s’épaissi. Mais là n’est pas l’essentiel de cet album qui conclu un second cycle dédié à la découverte de Mars.

« Plantes mouvantes ou animaux qui ont pris racine ? La roche elle-même semblait vivante, et les nuages au loin se comportaient étrangement… »

Dans ce quatrième tome Alex Alice dépeint une planète étrange, parfois inquiétante, déroutante où rien n’est semblable à ce que l’on trouve sur Terre. Même des éléments familiers tel que la pluie ou les nuages sont détraqués par une gravité déconcertante. Recouverte de plantes fantastiques, parfois à mi chemin de créatures monstrueuses, Alex Alice laisse libre court à son imagination pour nous faire découvrir une planète à l’opposé de ce que nous imaginons. Ce récit à la Jules Verne d’explorateurs partis à la découverte d’un nouveau monde ravira les aventuriers que nous rêvons tous secrètement d’être. A l’heure où les avancées technologiques prennent le pas sur les découvertes naturelles, l’auteur choisi d’axer son récit sur la découverte d’une biodiversité étonnante, vivante et mystique. De quoi raviver l’imaginaire des rêveurs, jeunes ou moins jeunes.


Au delà de ce récit d’aventures, l’histoire est rythmée par la course effrénée à la conquête de l’espace, quand ce n’est pas sur Terre, que se livrent les grandes puissances de l’époque (prussiens, hongrois, français, britanniques, ...). Impossible de ne pas y voir une critique des guerres de territoires et des velléités de possession ou de domination de dirigeants politiques avides de pouvoir. Cela sonne comme un rappel des erreurs humaines passées et qui rejaillissent régulièrement dans l’Histoire. 

« Le professeur Haeckel a vite compris que les visions sont seulement des échos de nos pensées sur les esprits des Martiaux… On voit ses peurs ou ses désirs ! Une fois qu’on le sait, l’illusion se dissipe plus ou moins vite en fonction des gents ! »

L’aspect découverte d’une nouvelle planète ainsi que les différentes formes de vie qui la composent permet également à l’auteur de traiter la peur de l’autre et le rejet des différences. C’est un message très humaniste et de tolérance que prône cet album. A l’image de son héro qui, malgré ses craintes initiales, finira par s’attacher aux êtres peuplant Mars. Sans être moralisateur ce message sous jacent ne s’adresse pas uniquement aux hommes puisque le rejet des différences se retrouve également entre Martiaux. Comme s’il s’agissait d’un vilain réflexe … C’est finalement l’insouciance enfantine et la bienveillance de Séraphin et de ses camarades qui permettra aux Martiaux de prendre conscience de leurs propres erreurs. Une note d’espoir vite douchée par le final de l’album qui nous laisse sur notre fin. C’est que, malgré les 68 pages de cet album, on en redemande encore ! Mais nul doute que Séraphin et ses amis reviendront dans un prochain cycle qui s’annonce mouvementé…




Que dire de l’univers graphique de l’album qui n’ait pas déjà été dit ? Le trait est toujours aussi précis et fluide. Les décors fourmillent de détails. L’aspect fantastique de Mars est merveilleusement bien mis en avant. La faune et la flore parfaitement surréalistes. On en vient presque à regretter l’aspect des Martiaux trop proches d’une forme de vie terrestre ou déjà vu. Enfin, le tout est magnifiquement mis en valeur par un univers colorimétrique pastel et doux à l’opposé d’un monde orange tel qu’on pourrait imaginer. Un véritable ravissement pour les yeux.



Un bel album qui se dévore avec passion et qui ravira toute la famille. Les petits y verront une ode à l’imagination tandis que les grands réfléchiront au sens profond de cet album. Enfin espérons…

Par Adrien Lauqué le 19 septembre 2018

2 commentaires

  1. jcat59
    Il y a 1 mois

    Merci Adrien pour cette jolie chronique ! ^^

    • Adrien Lauqué
      Il y a 20 jours

      De rien :)
      Très bel album et excellente série, c'est mérité.

  2. Merci de vous identifier pour poster un commentaire
Auteur
Alex Alice (Scénario, dessin & couleurs)
Évalution du chroniqueur
Scénario
Dessin
Originalité
Édition
Rue de Sèvres - 19 septembre 2018
Format
64 planches - 14€
Fiche détaillée
4.5/ 5
4 2 17 6 60
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